Nos parents nous ont-ils carrément menti sur la réussite ?

ludisign
Ecrire un commentaire
Category: Education
Happy child playing with toy rocket against summer sky background

J’ai quelque chose à vous dire qui risque de vous bouleverser.

Vos parents vous ont sûrement menti.

Pour leur défense, c’était probablement un peu à leur insu, ne leur jetons pas la pierre.

Mais menti, tout de même.

Parce qu’il semblerait qu’ils aient accepté un peu vite et sans trop se poser de question un point fondamental sur lequel ils ont bâti toute notre éducation : une certaine vision de la réussite. Plus précisément, une vision de la réussite hautement douteuse…

« Leur fils a vraiment réussi dans la vie »

Cette phrase, on l’a entendue souvent. Notre mère au téléphone à une copine, pendant leurs dîners entre amis, notre père à un collègue (oui, la répartition des rôles était assez classique!).

Et ce qui est important, c’est ce qu’elle sous-entendait.

Déjà cela voulait sûrement d’abord dire qu’il gagnait bien sa vie. Mais ce n’est pas forcément cela le plus pernicieux. Après tout, on entendait aussi à la maison que l’argent ne fait pas le bonheur, donc quelque part, ça contrebalançait.

Non, le plus terrible, c’est cet autre message

Si on regarde le type de boulot qui pouvait déclencher le commentaire « Il a réussi », on s’aperçoit que cela impliquait toujours d’une manière ou d’une autre « il a un poste à responsabilités », « il dirige de gros projets », « il a un boulot d’envergure internationale »…

Chef d’une plateforme pétrolière, avocat de renom, directeur d’une grande agence de com, politicien… C’est bien ces jobs non dont il était question ? Et qu’ont-ils en commun ? Tous supposent une notion d’influence, de pouvoir.

Si on lit entre les lignes, ou qu’on prend le temps de dégager ce qui se construisait implicitement, c’était que réussir, c’était invariablement prendre du pouvoir sur les autres.

On n’entendait jamais nos parents dire « il a réussi » pour des métiers comme professeur, maraîcher ou médecin…

Des métiers qui supposent moins de pouvoir, mais pourtant, une responsabilité immense. Celle de soigner les gens, de les éduquer, de les accompagner dans la vie.

Nos parents, sans le vouloir, nous ont fait croire que la réussite, c’était d’exercer du contrôle. Pas de générer du bien-être, de soulager ou encore de nourrir les humains.

Et c’est cela qui a définit une bonne partie de notre échelle de valeurs, d’aspiration, de nos choix, dans un sens ou dans l’autre. Même si on a eu le courage de devenir professeur par exemple, donc de faire un métier qui n’est pas susceptible de déclencher l’exclamation « il a réussi », combien même on aurait aidé de jeunes enfants dans leur développement, on l’a fait « en suivant une vocation », presque au détriment de cette reconnaissance de soi « comme ayant réussi ». En faisant une croix sur cela.

Or au final la vraie réussite, n’est-elle pas dans le fait de faire un métier qui fait avancer la société, et surtout d’y être bon ?

PS : Bien sûr, il ne s’agit pas de dire que le directeur d’agence de com’ n’est pas un exemple potentiellement acceptable de réussite. Simplement que de faire une équation aussi simple que « gros poste » = « réussite » a peut-être détourné des dizaines d’entre-nous de belles carrières, au sens de carrières qui devraient être considérées comme des réussites pour la société. A méditer !

Partager ce contenu:


Share on FacebookTweet about this on TwitterPin on Pinterest

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>